Chapitre
I
Quelques Exemples
où la démocratie directe
pourrait s 'exercer
Hongkong
HK
Quelles limites donner au libéralisme et au
capitalisme? Surtout après l'effondrement du communisme?
Oui
au profit, pour faire avancer l'économie, mais avec partage équitable des gains entre les investisseurs ou capitalistes,
les travailleurs ( ou ce qu'il en reste), et les Etats. Par contre, nous devons
combattre les trafiquants qui spéculent dans le monde entier avec leurs devises
flottantes... En les taxant*?
Quand on mesure la puissance prise par les
multinationales, on réalise qu'elles tentent de monopoliser les citoyens de
tous les pays en un immense marché de consommateurs!
Nous devons, nous les citoyens du monde, surmonter
notre désir de satisfaire uniquement des besoins personnels, pour être solidaires
des autres peuples afin de les aider à s'émanciper.
N'oublions pas que le système capitaliste
agit par osmose, au point de se greffer sur les sociétés humaines comme un champignon
sur les racines de l'arbre. Il suce leur moelle en apportant, en contre partie,
un complément économique et industriel sans lequel l'homme moderne, qui a perdu
l'habitude de vivre dans la nature d'une façon autarcique et tribale, dépérirait.
Un exemple typique: Hongkong (HK). Conquis
par les Anglais début 1841, lors de la première guerre de l'opium, ce petit
territoire est devenu l'enclave libéro-capitaliste de la Chine, qui n'a plus
jamais cherché à le reprendre. L'Empire du Milieu était certes en décomposition,
jusqu'à la naissance de la jeune République de Sun Yat-Sen en 1912; mais, lorsque
Mao proclama la République Populaire le 1er octobre 1949, il ne tenta pas de
reprendre HK, qui n'était défendu que par quelques milliers d'Anglais, alors
que son armée, forte d'un million de communistes, campait à moins de 30 Km de
HK!
Pourquoi avoir attendu 1997, date de la fin
de la "concession"?
Par cette verrue capitaliste, source de devises,
l'on pouvait acheter ce que l'on était incapable de fabriquer en Chine: des
objets et des biens de consommation produits par le monde occidental, qui investit
beaucoup à Hongkong; l'on pouvait, dans la foulée, blanchir l'argent de familles
dirigeantes ou privilégiées du régime dans des banques ouvertes au flux des
milliards de devises valsant à l'affût de super profits!*
J'ai visité HK, en rentrant d'un voyage en
Chine. J'y ai vu ces somptueux monuments de marbre, banques au capitalisme insolent,
qui étalent de magnifiques façades et de bien plus surprenants intérieurs! J'ai
croisé ces nouveaux riches, arrogants, ne s'excusant surtout pas quand ils nous
bousculaient à la sortie de leurs palaces...Mais, j'ai aussi découvert, en arrière
*
Flux, qu'une association comme ATTAC a
raison de vouloir faire taxer, dans le monde.
cour,
des immondices et des tas de déchets accumulés à l'ombre de ces géants cossus...Là,
se terrent les pauvres et les misérables, cassés, cachés, qui vivent comme des
rats dans des cages en fer que l'on ne doit surtout pas montrer aux touristes.
Je l'ai découvert en me hissant aux petites fenêtres de ventilation qui donnent
derrière l'Hôtel, et en fouinant dans ces quartiers où volent les milans noirs,
ces éboueurs du ciel!
J'ai aussi remarqué ces femmes de ménage
venues des Philippines, que l'on met à la porte le dimanche, ( puisqu'on leur
doit un jour de repos)...pour ne pas avoir à les nourrir et à les payer! N'ayant
pas d'autre domicile que la petite chambre qu'elles occupent chez leur patron
-pour être corvéable 24 h/24- esclaves modernes, elles n'ont plus que la ressource
de passer leur dimanche dehors, sous la pluie fréquente de HK! J'ai pu ainsi
les observer, agglutinées sous un pont ou sous un abri précaire de plastique,
qu'elles tentaient de tenir au dessus de leur tête, en raison d'une averse torrentielle.
Hongkong est l'une des vitrines du système
capitaliste: tirer le maximum de profit de l'homme, ou des fruits de la terre,
et en rejeter les pépins, sans se préoccuper de polluer l'environnement et d'appauvrir
l'homme, malgré l'Etat de droit!
Après leur révolution des oeillets de 1974,
lorsque les socialistes prirent le pouvoir à Lisbonne, les Portugais offrirent
aux Chinois de leur rendre gratuitement et immédiatement Macao l'endormie (leur
comptoir, face à Hongkong ). Discrètement, Mao leur fit comprendre que s'il
acceptait ce cadeau, il devrait en faire autant de Hongkong... la Chine préférait
donc attendre 1999 pour reprendre Macao, qui pouvait ainsi continuer d'être
son casino, et devenir aérodrome
international!
Ce système capitaliste sauvage est actuellement
plus puissant que certains Etats qui le tolèrent et tentent de le gérer, pour
finalement se corrompre à son contact; il ne peut être contrôlé, sinon vaincu, que par l'ensemble des citoyens
conscients, instruits et solidaires, baignant dans un puissant système associatif.
Quand ces citoyens seront tous prêts à prendre leurs responsabilités, comme
le font déjà certains journalistes, cinéastes et magistrats européens incorruptibles
tels Denis Robert, Bernard Bertossa, Laurent Davenas.., ils pourront casser
l'hégémonie de "l'économie sauvage" et vivre enfin une démocratie
plus directe donc plus humaine, à l'échelon de leur village ou quartier, pour
ensuite la partager à l'échelle régionale et mondiale.
Oui
à l'individualisme, mais un individu conscient, responsable, aussi apte au contrôle
qu'à la solidarité.
"Un
individu placé au centre du processus de la transformation....
en
tant que sujet producteur de sa propre déstinée."*
* Drôle de Coco, de Patrick Braouezec, édtion
Albin Michel.
Mon expérience d'une multinationale
Pendant plus de 20 ans j'ai lutté dans une
société multinationale privée, pourtant à la pointe des progrès technologiques
(groupe Shell-Butagaz France), sans arriver au but que je m'étais fixé.
Quel but?
Parvenir à une entreprise plus juste et plus
consensuelle pour atteindre un équilibre harmonieux entre le pouvoir du capital,
du management et des salariés, dans une économie de marché insérée dans des
Etats de droit. Des Etats enfin partenaires des citoyens et des associations,
où l'on paierait à son prix de revient réel, aussi bien la matière première
que le travail de leurs salariés ou de leurs agriculteurs.
Entré en 1957 dans cette multinationale, j'y
découvre en visitant le centre emplisseur de Petit Couronne, près de Rouen,
qu'il faut près de 100 personnes (de l'ouvrier au directeur) pour faire fonctionner
cette unité. Dans les années 1985, il faudra moins de 10 salariés pour remplir
davantage de bouteilles par jour, dans les nouveaux centres automatisés de la
troisième génération Butagaz.
Qui a profité de cette productivité?
Les actionnaires, d'abord! Ils ont engrangé
les dividendes au fur et à mesure qu'ils nous éjectaient, nous pères de futurs
chômeurs, qu'on a généreusement alléchés par différents plans de mise en retraite
anticipée. Certes, c'était aux frais de la société Shell, mais au prix de "destruction"
de postes de travail, au fur et à mesure que nous remplaçaient
les robots et les intérimaires!
Les dirigeants, ensuite, qui ne cessaient d'augmenter
leurs salaires!
N'aurions-nous pas dû alors tous nous battre
avec plus de vigueur pour une réduction importante de notre temps de travail,
avec baisse des plus hauts salaires, comme l'avançait déjà la CFDT, afin de
conserver le même nombre de salariés? Hélas, la majorité des syndicats a préféré
soutenir un combat d'arrière garde, perdu d'avance: maintenir des postes de
travail qui ne se justifiaient plus, et conserver les mêmes salaires à tous
les niveaux hiérarchiques, en cas de réduction du temps de travail!
Il nous faut proposer des solutions sociales
tenant la route économiquement. Une entreprise privée n'a rien d'une fonction
publique qui devra toujours assurer un service d'intérêt général; alors que
le critère libéral essentiel reste la rentabilité et le profit! C'est pourquoi,
lorsque je suis entré au bureau du S.T.I.C* parisien, dans les années 1978,
j'ai insisté pour remplacer les "défilés" stériles par des propositions
constructives. Nous devions prendre nos responsabilités,
*Syndicat des
Travailleurs de l'Industrie Chimique, de la Confédération Française Démocratique
du Travail.
plutôt
que de continuer à nous opposer en "défendeurs d'avantages acquis",
position stratégiquement dépassée!
Le social, pour progresser, se doit aussi
de proposer et d'entreprendre!
Même après le 10 mai 1981, le personnel du
Siège n'a pas bougé à la Shell pour aider les "hors statuts", ces
nouveaux employés de sociétés intérimaires pour le gardiennage, le nettoyage,
la maintenance..., qui, non protégés, sombraient chaque jour plus nombreux dans
la précarité de l'emploi! Mis à part un coup de sang pour soutenir l'émancipation
de la Pologne (aide à Solidarnosc),
il ne resta plus que des bulles. Ceux que j'appelais les "cloportes"
prospéraient. Toujours aussi égoïstes et lâches, ces cadres non syndiqués, pour
ne pas "faire de vagues" ni se faire remarquer, rasaient les murs,
vivaient dans l'ombre de leurs chefs, et acceptaient, soumis, ce pouvoir féodal!
Comment, dans ces conditions, obtenir une
paix à partir de négociations où existeraient des échanges permanents et écoutes
non "formelles"? le tout dans un climat de justice, pour éviter haine
et violence?
C'est en 1968, année de ma prise de conscience,
que nous avons lancé L'U.C.T*, alors que nous étions considérés comme des gauchistes
par la C.G.C. qui venait de nous exclure!
Avec Jacques Boekholt nous avions mis au point
un système de "notation tripartite" où les subordonnés appréciaient
à leur tour leur chef hiérarchique, lui-même noté par ses pairs des services
collatéraux...
Dans les commissions paritaires, rue Kléber
à Paris, nous proposions toujours l'introduction d'une somme fixe égale pour
tous, avec modération du % pour les augmentations de salaires, afin d'en réduire l'éventail!
Avec Pierre Etienne Gillet, Robert Guirand,
Michel Mariage... nous avions proposé à nos directions respectives un plan social,
pour innover dans les relations de subordination, afin de supprimer le côté
autoritaire de la hiérarchie; nous ne voulions retenir que la compétence professionnelle,
pour obtenir une véritable décentralisation des pouvoirs; les travailleurs auraient
eu le même nombre de voix que les actionnaires pour élire leur P.D.G, ce qui
aurait entraîné la Démocratisation de l'Entreprise, avec un meilleur épanouissement
du salarié, homme ou femme, enfin citoyen dans l'entreprise**, et par conséquent
dynamisé par une profonde motivation.
J'ai présenté en 1972, au C.C.E (Comité Central
d'Entreprise) de Butagaz, dont mon ami Pierre Champion était l'efficace Secrétaire
Général et Pozzo di Borgo le dynamique P.D.G., un réel partage entre le capital
et le pouvoir des salariés devenus
* L'Union
des Cadres et Techniciens,
que nous avons dû saborder en 1976, faute d'avoir été reconnus par l'Etat et
les 5 confédérations syndicales existantes qui ne voulaient surtout pas "perdre
du terrain"!
**citoyens dans l'entreprise
de Gérard
Donnadieu, éd. Resma.
"virtuellement"
majoritaires par suite des différentes incorporations de plus values, comme
je venais d'en faire la démonstration, les actionnaires ayant été déjà trop
largement rétribués pour leur unique investissement de 1932! Pour établir cette
étude, je m'étais inspiré, entre autres,du livre de Marcel Loichot, la mutation ou l'aurore du pancapitalisme aux éditions Tchou
(Paris 1970), qui constatait:
"que l'effort conjoint du capital et du
travail produit deux sortes de biens, les biens de consommation et les biens
de production. Cependant, si les salaires et les dividendes peuvent aboutir
à distribuer équitablement(?) les premiers, les seconds sont abusivement confisqués
par les possédants. Or ils augmentent à une vitesse exponentielle...Rien n'empêche
donc, en partageant l'accroissement, de mettre fin à ce qui constitue aujourd'hui
une véritable spoliation des salariés..."
Ce livre soutenu par Gilbert Nasse (cadre
de l'EDF-GDF) et l'UCT, a malheureusement été combattu à l'époque par la majorité
des syndicats.
Nous voulions aussi maîtriser la masse énorme
représentée par les cotisations de retraites des salariés.
Enfin, avec Paul Quilès et Jacques Provot
nous avions créé une section d'entreprise du parti Socialiste, clandestine!
Développée sur l'ensemble du groupe Shell, elle était rattachée aux autres sections
d'entreprise du P.S., en GSE (Groupement de Sections d'Entreprises). Notre but
était d'élargir nos moyens d'action, dont celui d'étendre le pouvoir des Comités
Centraux d'Entreprise. Ceux-ci devaient en particulier avoir la possibilité
de connaître les coûts réels de production, afin d'éviter les "bilans à
l'envers" des multinationales qui ne voulaient pas payer d'impôt...
Pour éviter une "mise à la porte"
immédiate, nous allions distribuer les tracts au personnel de la Défense et
d'ailleurs; eux, de leur côté, venaient en faire autant pour les nôtres à l'entrée
Shell, rue de Berri. Ainsi pour ce tract distribué en avril 1976, en annexe
I.
Nous n'avons récolté, de nos différentes Directions
Générales, et de leurs R.H (directions des relations "dites" humaines,
à l'époque, et qui deviendront dans les années 1990, D.R.H: Direction des Ressources
Humaines!) qu'une politique de l'édredon...pour mieux étouffer tout germe de
contestation générateur de syndicalisme, surtout dans l'encadrement! Et, mis
à part quelques cadres compétents et courageux comme Nicole Buhot, Denise Lapègue,
Bernard Lehanneur,...pour ne citer que les derniers en date à Butagaz, l'encadrement
a bien profité de la leçon "patronale" pour s'étouffer sous cet édredon
doré!
J'ai en effet connu une certaine hiérarchie
plus attachée à l'épaisseur de sa moquette, à la taille de ses rideaux, à la
performance de son équipe, plutôt qu'aux conditions de travail de ses subordonnés!
Je ne citerai pas leurs noms, ce serait fastidieux.
Mais, j'en voulais à une direction bornée qui préférait se coopter plutôt que
d'affronter le suffrage du personnel! C'est d'ailleurs à cette époque que j'ai
commencé d'adresser des propositions comme celle de 1976 et 1979 citées en Annexe
I.
Certains cadres ont voulu mettre leurs idées
en pratique, comme l'a courageusement fait Daniel Carré* qui, ayant quitté Butagaz
en 1978, a relancé une entreprise de textile dans le Nord...
En janvier
1998 le groupe Shell, toujours en avance sur les Etats, lance la mondialisation
de son organisation avec des intercommunications grandeur nature à 360° grâce
au Téléphone Mobile et à l'Ordinateur Portable...
Ce qui lui permet d'appliquer, 25 ans après
l'avoir rejetée, notre idée de "bourse des postes": chacun est informé
directement sur l’intranet d'une fonction disponible; n'importe quel salarié
peut présenter tout aussi directement sa candidature, s'il le désire et s'estime
compétent!
Mais,
attendu qu'une multinationale décide d'absorber
ses concurrents lorsqu'il n'y a plus de soi-disant "entente licite",
et ce, au détriment des travailleurs;
attendu que l'unique souci d'une multinationale
est d'accumuler le maximum de profit,
en trente ans à Shell-France, le personnel
est descendu de 12.000 à 4.000 salariés, grâce à l'action conjointe des D.R.H
de chaque société du groupe, de leurs P.D.G, et des directives de la Société
Mère!
Pour stopper cette hémorragie: Actifs, soyez
plus entreprenants et plus imaginatifs, afin de reconstruire votre avenir social
et celui de vos enfants.
Alvin Toffler n'a t'il pas précisé dans la revue Capital d'août 1998 (N°83) :
"si
l'Europe ne change pas, l'Amérique dominera le XXIe siècle" et en
particulier du système éducatif de masse où nous "besoin de citoyens qui
réfléchissent et s'expriment et non plus de "gentils petits soldats"!
*Auteur
de 50 propositions pour l'autogestion, préfacé par Michel Rocard, en 1978.
Alors,
que faire?
Nous, citoyens conscients et responsables
(quel que soit le pays!) en avons assez:
-
du ballottage droite-gauche, de promesses non tenues de nos dirigeants politiques
pour soi-disant régler le problème du chômage...
-
de ce non réel partage des richesses,
alors que l'enrichissement, plus exactement le P.I.B. ( Produit Intérieur Brut ) de nombreux pays croît!
-
de ces "affaires" de corruption politique qui engendrent des secousses
sismiques si importantes, qu'il en résulte des failles économiques qui minent
de plus en plus notre société, sans que les coupables soient condamnés!
C'est pourquoi, en tant que citoyen lambda, je décide de faire l'effort
de me lancer dans ce méli-mélo, pour:
1)
faire part de ces idées. Une fois critiquées, amendées, acceptées et soutenues
par une majorité de citoyens, elles pourraient nous aider à casser l'actuel
système capitalo-mafieux mondial pour qui les nuisances, le bruit, l'environnement
saccagé... sont lettre morte;
3)
instaurer l'égalité des chances pour
tous par le savoir et la science inculqués à l'école publique et celles
"contrôlables" du privé, qui font reculer l'obscurantisme et permettent d'acquérir une compétence intellectuelle
supérieure à celle de la naissance;
4)
stopper la fuite en avant d'Etats de plus en plus endettés, dont le compte à
rebours n'est pas une fatalité*...et, dans le même temps à l'échelle mondiale,
appliquer "le droit d'ingérence" préventif ou curatif? pour éviter
que certains hommes, ou une oligarchie, ne puissent accumuler trop de pouvoir
et de puissance, sinon il n'y aura plus que détresse et esclavage à partager
pour ceux sous leur coupe!
5) lancer l'ACDD (en annexe III):
Association Condorcet
pour la Démocratie Directe, pour mettre en pratique ces principes de justice et de
progrès social.
*le compte
à rebours de François de
Closets, éd. Fayard(6/98).
Renseignements
Généraux
Pas assez contrôlés et sanctionnés, nos gouvernants
ou responsables régionaux s'octroient une main mise sur la vie privée des gens
avec "leurs Services" de Renseignements Généraux (les R.G.), dont
les rapports ne semblent pas toujours fiables! J'en ai personnellement fait
l'expérience dans les années 1950: entré au 1er R.C.P ( Régiment de Chasseurs
Parachutistes) comme officier P.M.S le 1er novembre 1954, j'en suis sorti 2eme
classe en avril 1957 avec plus 6 mois de prison, victime d'une enquête erronée
qui me faisait passer pour un dangereux communiste! Alors que, étant jeune, la politique était le cadet de mes soucis,
comme je m'en explique clairement dans mon manuscrit Guerre et Passion*.
* Les Renseignements
Généraux (R.G.) avaient découvert ( en novembre 1954 ) mon nom comme secrétaire
d'une association d'étudiants (j'étais à l'époque à l'Ecole Supérieure du Commerce
de Toulouse ), créée avec d'autres Pieds-Noirs en 1952, genre "Amicale",
sans but politique. J'ai quitté la France en juin 1954. Cette association fut
ensuite récupérée par des étudiants communistes, en novembre 54, dès le début
de la guerre d'Algérie, comme je l'apprendrai 20 ans plus tard!
J'ai eu une
partie de ma vie gâchée à cause de R.G. qui bâclèrent leur enquête! C'est inadmissible.
Que ce cas serve d'exemple, afin de réformer ce service, pour mieux protéger
le citoyen lambda d'un tel arbitraire!
D'ailleurs,
les R.G. servent-ils encore, et à quoi?
CONSEILS GENERAUX
Les conseils généraux n'écoutent pas toujours
les experts, les scientifiques, et préfèrent prendre une décision politique
qui va dans le sens du poil de leurs électeurs, même si à terme, elle agit à l'encontre de l'intérêt général!
Je ne prendrai qu'un petit exemple, vécu.
Avec une douzaine de camarades d'E.C.T.I
( l'Association Echanges et Consultations Techniques Internationaux ), nous
avions travaillé bénévolement pendant plus de deux ans pour collaborer au futur
Schéma Directeur du département 93 de la Seine St Denis; il s'intégrait dans
celui du bassin parisien, pour d'évidentes cohérences de décisions intercommunales.
A la suite de notre travail collectif avec
remise de plans et études, le préfet avait édité le nouveau Schéma Directeur
des 20 prochaines années pour le rendre public...quand les élections de 1993
portèrent la droite au pouvoir. Celle-ci décide de surseoir à cette publication,
comme si nous avions accompli un travail partisan, contre l'intérêt général!
Comble d'ironie: nous n'étions que deux à voter à gauche, la majorité de notre
groupe étant plutôt centriste et même de droite.
Et les maires des communes intéressées par
la sortie rapide de ce Schéma
Directeur
durent différer leurs décisions intercommunales urgentes, comme l'implantation
de routes, de métro, d'usine d'ordures... Avec un collègue, nous avions aussitôt
donné notre démission.
Une question demeure: si le Conseil Général
(CG) a son utilité, en est-il de même du Conseil Régional, si gaspilleur pour
si peu d'efficacité? Peut-être suffirait-il de:
-
regrouper commune et district ou arrondissement?
-
supprimer le Département et en transférer les attributions à un CG élargi?
-
prévoir l'élection simultanée de son président, afin d'éviter les sinistres
tractations d'un certain Vendredi Noir de 1998?
Nous aurions des régions mieux équilibrées,
comme il en existe déjà en Italie, en Allemagne et en Espagne...
assemblées
Le Sénat, si friand de prestige et lourd
de conservatisme, a été jusqu'à se mitonner un bas de laine! Pensez, 9 ans de
mandat, ça sclérose!
Alors que l'Assemblée Nationale, même réduite
en nombre, suffirait amplement à l'élaboration et au contrôle des lois avec
l'aide du Conseil Constitutionnel, si
elle sanctionnait réellement les mauvaises décisions des directeurs
de ministères ou des ministres et si elle avait plus de moyens à sa disposition,
comme ceux:
- de filmer toutes ses séances; ces enregistrements
étant à la disposition d'experts, d'historiens et d'associations, dont notre
ACDD, lancée en fin de livre;
- de donner la possibilité à l'opposition de
créer des commissions d'enquêtes, en particulier pour le contrôle départemental
des fonds publics...
Notre CONSTITUTION n'est pas une bible; nous
ne devons surtout pas nous gêner pour en dépoussiérer plus souvent la désuétude,
quitte à la changer...
Il suffit de jeter un coup d'oeil sur l'actuel
découpage électoral qui débouche sur des élections faussées, puisque dans certaines
circonscriptions urbaines il faut plus de 100.000 voix pour élire un député,
alors que du côté rural 25.000 suffisent!
Le poids d'un député ou d'un sénateur doit
être le même qu'ils soient de la ville ou de la campagne! Et tous devront rendre
des comptes à leurs électeurs.
Par notre action responsable, nous arriverons
à consolider la démocratie représentative républicaine...
C'est aux citoyens de demander le possible
et le réalisable, aux gouvernants de l'accomplir.
Les débats, même musclés, doivent rester
sereins et constructifs!
N'oublions jamais que nos enfants nous regardent.
C'est leur montrer là un bien mauvais exemple de civisme: "faites ce que
je vous dis mais surtout pas ce je fais!"*
Et puis ce contrôle, que nous voulons vivant,
adapté... mais surtout pas appliqué d'une façon bureaucratique, serait utilisé
par sondage à tous les niveaux de responsabilité, pour éviter l'impunité!
*Il
suffit d'examiner cette assemblée lors des questions-réponses au gouvernement
pour mesurer la "partisanerie" de certains députés et même sénateurs
qui, au lieu de faire des propositions efficaces, utilisent ce prétoire comme
un faire valoir! Pour eux la campagne électorale n'est jamais close!
Personnellement, chaque fois qu'il m'a été
possible de les voir, j'ai constaté qu'un grand nombre d'élus s'occupait à lire
leur journal ou à faire leur courrier, pendant que les pantins de service aboyaient,
le visage haineux, loin de tout dialogue démocratique, après des membres du
gouvernement pourtant constructifs ce jour là.
CIVISME et Déchets
Je me croyais un bon citoyen, prêt à ne pas
nuire à mes voisins, ne jetant rien dans la rue, respectant autrui...quand,
lors d'un voyage en Chine, je me rendis compte de l'effort à faire pour arriver
au vrai niveau de citoyenneté!
Je me promenais sur la place de Pékin, où
se trouve sa plus grande librairie, et terminais tranquillement ma cigarette...quand
je constate qu'un vieil homme, avec brassard au bras gauche, me surveillait.
Que faisais-je de mal pour qu'il ne me lâche pas des yeux? la conscience tranquille,
je jette mon mégot à terre, ayant fini de fumer. C'est alors que le vieux Chinois
m'interpelle! Avec force gestes, il me fait comprendre poliment que le pourtour
de la place est équipé de cendriers géants en céramique en forme de grenouille.
Il y en avait aussi en forme d'éléphant ( des poubelles ) et des crachoirs...
Je me baisse donc pour récupérer mon mégot
afin de le jeter dans l'un de ces magnifiques cendriers, et remercie d'un geste
courtois le vieil homme. Soupçonneux cependant, craignant quelque ostracisme,
je parcours la place à la recherche d'un papier, d'un crachat, d'une crotte
de chien! Rien!
Quelle leçon de civisme pour un européen
qui se croyait bon citoyen! surtout de la part d'un Etat qui ne respecte pas
encore les droits de l'homme.
Qu'attendons-nous pour placer dans nos rues
des cendriers avec déodorant et des crachoirs avec désinfectant?
Nous pourrions ainsi créer des emplois de
surveillance pour ceux intéressés par ce travail du respect dû à autrui .
Mais le plus important c'est de changer nos
mentalités. C'est notre société de consommation qui génère ce gaspillage. Si
j'interroge ma mémoire, je me souviens qu'en Algérie*, durant ma jeunesse, nous
ne jetions rien. Nous vivions dans une ferme, et à part l'indispensable tas
de fumier:
-
les épluchures de tous genres étaient portées directement dans une fosse à compost,
derrière la maison, pour notre jardin;
-
les restes de pain et de viande servaient à préparer la soupe des chiens;
-
les cartons et autres emballages étaient bien pliés dans un coin de la cave,
prêts pour d'autres usages;
-
les bouteilles en verre étaient lavées et à nouveau remplies de vin;
-
les flacons de plastique étaient si rares que nous leur trouvions immédiatement
un autre usage...
Emplois créés à l'époque pour l'enlèvement
des ordures:
-
deux femmes de ménage, en deux fois 8 heures, aidaient ma mère qui
travaillait
plus de 15 heures par jour pour élever ses 5 enfants dans ce bled perdu d'Algérie.
*
Comme je le précise dans vivre ou mourir aux ouled amar, aux éd.
Harriet.
-
quatre hommes se relayaient en 3x8 pour s'occuper 24 heures sur 24 des 100 chevaux,
afin de les faire boire, manger, changer leurs litières; les pailles souillées
étaient accumulées sur le "tas de fumier" qui servait à fumer la terre...et
à produire d'excellents champignons comestibles. Dans la journée, ces "garde-écurie"
étaient au nombre de deux; la nuit, un seul suffisait pour "surveiller"
les bêtes qui allaient vêler, afin de prévenir aussitôt mon père
qui "aidait" les vaches ou juments...à mettre bas!
POUBELLES
Maintenant, nous avons trop d'emballages
et de déchets à faire disparaître...
Faisons en sorte, nous citoyens, de moins
gaspiller et d'utiliser au maximum les containers de verre, de plastique, de
fer et de papier, mis à notre disposition pour un recyclage intelligent. Ainsi nous n'aurons presque plus rien à brûler
(peut-être un jour, dans les chaudières de nos immeubles, pour produire du chauffage
en hiver et de l'eau chaude toute l'année?), avec moins de risque de surchauffer
notre planète et de nous faire respirer une mortelle Dioxine, qui se retrouve
jusque dans la chaîne alimentaire (l'affaire des poulets Belge...)!
Tout comme nous devons "surveiller notre
poids", nous devons éviter d'avoir des poubelles qui pèsent de plus en
plus lourd. : au delà d'une certaine masse et densité de déchets par mois, mesurés
par une puce individualisée par poubelle et enregistrée par les camions de ramassage,
nous serions surtaxés!
Pour éviter de connaître "l'horreur
alimentaire"*, où il s'est avéré "qu'une industrie alimentaire donne
raison aux pires scénarios catastrophes sur un capitalisme fou, capable de faire
du profit avec tout, y compris des excréments et des déchets", nous devrons avoir davantage de contrôles Européens!
* Editorial du journal
Le Monde du 15 et 16 août 1999.
DEJECTIONS
D'ANIMAUX,
en particulier dans les villes?
Les animaux deviennent de plus en plus nos
compagnons de vie dans les villes. Aménageons leur des espaces "personnels"
pour leurs besoins.
En
attendant le renouvellement de notre stock immobilier, faisons des W-C publics
pour chiens, avec ouverture automatique de la fosse dès que l'animal s'installe
sur son "passage"! Et si le chien ne comprend pas, un lourd procès
verbal serait dressé au propriétaire indélicat qui n'aurait pas aussitôt ramassé
l'objet du délit! Une loi inciterait les constructeurs d'immeuble, à créer,
au même titre que des salles communes, des W-C réglables en trois tailles: pour
les tous petits chiens et chats, les moyens et les très grands, afin qu'un petit
ne disparaisse pas dans la fosse d'un grand, le passage ne se déclenchant qu'en
fonction d'un poids moyen par taille, et de toute façon avec une sécurité protégeant
les bébés humains.
Après cet exemple de déjections de chien
et de chat qui souillent de plus en plus nos cités, le constat est aussi valable
pour le lisier dans nos campagnes dont il faudrait réglementer l'épandage.
Nous devons imposer à l'industriel ou paysan
d'installer des cuves de décantation afin de purger l'eau de ce surcroît de
nitrates...avant qu'elle n'atteigne les couches phréatiques; tout comme l'agriculteur
doit réduire l'épandage de pesticides et d'engrais de façon à ne pas dépasser une dose maximale
par hectare, fixée par les spécialistes!
éthique
Les exemples de Tchernobyl, du lac Baïkal,
du barrage d'Assouan, et dans un autre domaine, la surnatalité de certains pays
islamiques...nous montrent que tout projet ou attitude irresponsable qui ne
tient pas compte de l'environnement et du devenir démographique humain, peut
conduire à une catastrophe, un désastre, pour toute l'humanité...alors que l'eau
commence à manquer, ou risque d'être polluée! d'autant que sa répartition en
est inégale, injuste même: elle plafonne de
6 à 10 litres par jour et par habitant, au Bangladesh, alors qu'elle
s'élève à 600 litres par personne, aux
Etats Unis!
Ce problème de l'eau potable est capital pour
l'avenir de l'humanité.
Nous ne devons plus avoir d'idées préconçues
pour tel ou tel projet sans qu'un comité
d'éthique, créé et géré par des citoyens
professionnels et des scientifiques
à l'échelon Mondial, n'ait donné son avis à partir d'études qui évalueraient
les dangers ou effets pervers de toute nouvelle technologie...
"Nous devons chercher à comprendre"
a dit Jacques Monod, pour arriver à une synthèse commune entre le neuro-biologique
et le culturel, l'industriel et l'artisanat, l'agricole et le commercial. Que
de ponts à construire entre le social et l'esprit d'Entreprise, pour favoriser
la mise en place d'une évolution permanente! Elle peut naître du hasard des
rencontres, mais nous devons surtout la négocier point par point, pour l'adapter
à l'ouverture de notre monde. Nous devons en avoir conscience et y participer
dans le respect de tous.
Indira Gandhi l'avait bien compris, qui précisait
le 22 juillet 1974:
"
Aucune technologie ne porte le mal en elle même; c'est l'usage qu'on en fait
qui détermine sa nature. L'Inde n'accepte le principe d'apartheid dans aucun
domaine, et celui de la technologie ne fait pas exception".*
Déontologie, Morale, Ethique...même combat!
Mais ce souci d'éthique n'a aucun sens si
nos politiques, qui cumulent souvent plusieurs mandats, (d'ailleurs trop longs
en France: Président de la République, Sénateurs...) ne tiennent pas leurs promesses
électorales et plastronnent tout en laissant les administrateurs de multinationales,
de lobbies ou certains grands commis de l'Etat** tirer les ficelles dans l'ombre!
*
Indira Gandhi, de
Popul Jayakar, éditions Plon.
**On ne peut rien faire Madame le
Ministre, de Corinne Lepage, éditions Albin Michel.
Pourquoi ne pas envisager, en complément
de la Cour des Comptes qui se contente
de constater annuellement les abus ou les "anomalies" de l'administration,
la création d'un Conseil Electif, dont la structure serait inspirée d'un Conseil
Constitutionnel revu et corrigé? Il sanctionnerait ces abus, et dresserait le
bilan des réalisations accomplies par rapport aux promesses faites. La justice
serait alors saisie dans les cas de fautes graves ou de corruption et d'escroquerie...
les citoyens ne voulant plus payer les erreurs de dirigeants peu scrupuleux,
ou trop épris de leur pouvoir!
Responsable doit enfin rimer avec condamnable!
Si nous avons droit à l'erreur, la faute, surtout quand elle est volontaire,
doit être immédiatement sanctionnée en proportion de sa gravité, afin que le
professionnalisme politique l'emporte sur la partisanerie!
La justice, elle même, doit être contrôlée.
Les jugements devraient être filmés, d'abord parce qu'ils font partie de notre
histoire à mémoriser, ensuite parce que l'étude de ces films permettrait de
relever la faute ou l'inaptitude de tel juge bon pour la retraite ou autre travail!
Le secret des délibérations ne doit pas taire les incompétences. Là encore les
"pairs" doivent porter une appréciation...et intervenir, si nécessaire!
Nous aussi, citoyens, sommes responsables!
Nous devons accepter que notre N° de Sécurité Sociale, le seul à éviter toute
homonymie, ou fraude fiscale...soit porté sur nos déclarations de revenus.
Pour être sûr de ne pas oublier de réformes
à prévoir, envisageons des Etats Généraux. L'Ordinateur, via Internet et le
Minitel, élargit notre espace de communication et d'imaginaire; toutes les mairies
de France pourraient ainsi adresser leurs "doléances", avant que ne
se réunisse la "Constituante" de leurs délégués.
Ce serait le meilleur moyen de donner la parole
à tous, et de lutter contre l'abstentionnisme, engendré par le désabusement
et le refus de partager les responsabilités.
Le
bonheur est au bout de l'action, comme le démontre brillamment Mustapha
Rahmani, dans son livre de juillet 1997, où il nous engage "à passer d'une
société de la valeur des choses à une
société de la valeur des hommes".
Anne Gaudron- Autrement dit.